Formule
Formule utilisée (exemple : global pondéré A)
\( L_{A} = 10 \log_{10} \left( \displaystyle\sum_{i} 10^{\left(L_{Z,i} + A_i\right)/10} \right) \)
Que représentent les symboles ?
- L_A — niveau global pondéré A (dB(A))
- L_{Z,i} — niveau non pondéré de la bande i (dB)
- A_i — pondération A de la bande i (dB), définie par IEC 61672
- i — indice de bande (octave ou tiers d'octave)
Saisies
Saisissez votre spectre par bande. Choisissez la pondération dans laquelle il est exprimé : l'outil le ramène en Z (linéaire) puis applique A et C.
Résultats
Saisissez au moins une bande pour calculer.
Spectres par pondération
Comprendre la théorie — pourquoi l’oreille impose ses courbesinteractif
Un sonomètre mesure une pression ; une oreille perçoit un son. Et les deux ne sont pas d’accord : à niveau physique égal, un ronflement de ventilation à 63 Hz paraît bien plus discret qu’une voix à 1 kHz. Les pondérations fréquentielles corrigent le niveau mesuré pour s’approcher de la perception : la courbe A imite la sensibilité de l’oreille aux niveaux courants, la courbe C, presque plate, ne s’écarte qu’aux extrêmes, et Z (zéro) ne touche à rien. Promenez le curseur ci-dessous : à 50 Hz, la pondération A retire plus de 30 dB !
L’oreille n’est pas linéaire : les courbes isosoniques
Dès 1933, Fletcher et Munson font écouter des sons purs à des auditeurs et tracent les courbes isosoniques (aujourd’hui normalisées dans l’ISO 226) : pour paraître aussi fort qu’un 1 kHz à 40 dB, un 50 Hz doit être émis vers 75 dB. L’oreille est sourde aux graves, excellente entre 2 et 5 kHz (la résonance du conduit auditif), puis décline dans l’extrême aigu. Autre fait capital : ces courbes s’aplatissent quand le niveau monte — à 100 phones, les graves ne sont plus tellement pénalisés.
D’où sortent A et C ?
Les pondérations sont l’inverse simplifié de ces courbes : la pondération A dérive de l’isosonique 40 phones (niveaux modérés), la C de l’isosonique 100 phones (niveaux élevés, donc courbe presque plate). Les pondérations B (60 phones) et D (aviation) ont été abandonnées par les normes modernes. L’IEC 61672-1 définit A et C analytiquement, par une fonction rationnelle à quatre fréquences caractéristiques (20,6 Hz, 107,7 Hz, 737,9 Hz et 12 194 Hz) :
Le terme constant (+2,00 dB pour A, +0,06 dB pour C) normalise la courbe à 0 dB à 1 kHz — c’est pourquoi toutes les pondérations s’y croisent. Cet outil calcule ces formules exactes aux fréquences médianes exactes des bandes (\(f_m = 1000 \cdot 10^{n/10}\) Hz), ce qui reproduit les tables normalisées à 0,1 dB près.
Valeurs par bande d’octave
| Bande | A (dB) | C (dB) |
|---|---|---|
| 31,5 Hz | −39,4 | −3,0 |
| 63 Hz | −26,2 | −0,8 |
| 125 Hz | −16,1 | −0,2 |
| 250 Hz | −8,6 | 0,0 |
| 500 Hz | −3,2 | 0,0 |
| 1 kHz | 0,0 | 0,0 |
| 2 kHz | +1,2 | −0,2 |
| 4 kHz | +1,0 | −0,8 |
| 8 kHz | −1,1 | −3,0 |
| 16 kHz | −6,6 | −8,5 |
Du spectre au niveau global pondéré
Pour obtenir un global en dB(A) à partir d’un spectre non pondéré : on ajoute à chaque bande sa pondération \(A_i\), puis on somme les bandes énergétiquement :
L’opération inverse (retrouver le spectre Z depuis des niveaux par bande en dB(A)) est une simple soustraction bande par bande — c’est ce que fait l’outil quand vous déclarez votre spectre « saisi en dB(A) ». En revanche, un global dB(A) seul ne se « dé-pondère » pas : sans la répartition par bandes, l’information est perdue.
Même énergie, perceptions très différentes
Le spectre ci-dessous garde un niveau global Z constant de 80 dB. Faites glisser la balance spectrale du grave vers l’aigu : le dB(C) bouge à peine, le dB(A) s’envole ou s’effondre. C’est exactement pourquoi un local technique « à 80 dB » peut être réglementairement calme… ou bruyant.
L’indicateur C − A : un détecteur de basses fréquences
La différence entre les globaux LC − LA est un diagnostic express du contenu spectral : proche de 0 dB, le bruit est dominé par les médiums/aigus ; au-delà d’environ 10 dB, les basses fréquences dominent — pensez ventilation, transformateurs, musique amplifiée. C’est un réflexe utile avant même d’ouvrir l’analyse spectrale.
Où la réglementation impose quoi
Le droit du travail évalue l’exposition quotidienne LEX,8h en dB(A) et les crêtes Lp,C,crête en dB(C) (seuils 80/85 dB(A) et 135/137 dB(C)). Le bruit de voisinage, les cartes de bruit (Lden) et l’acoustique du bâtiment raisonnent aussi en dB(A). Le dB(C) apparaît partout où les crêtes ou les basses comptent : salles de concert, stands de tir, casques de protection.
Les limites du dB(A)
Le dB(A) vient d’une courbe à 40 phones appliquée à tous les niveaux : il sous-estime la gêne des basses fréquences à fort niveau, ignore les tonalités marquées et ne dit rien du caractère impulsionnel. Un même dB(A) peut couvrir des situations très différemment gênantes — d’où les indicateurs complémentaires (C − A, analyse par bandes, pénalités tonales).
- Additionner des dB arithmétiquement — deux bandes à 60 dB font 63 dB, pas 120. La somme est toujours énergétique.
- « Convertir » un global dB ↔ dB(A) sans spectre — impossible : la pondération dépend de la répartition fréquentielle.
- Confondre Z et « lin » — l’ancien « linéaire » dépendait du sonomètre ; Z est défini (10 Hz–20 kHz, plat) par l’IEC 61672.
- Évaluer des crêtes en dB(A) — la réglementation les exige en dB(C).
Pour continuer
Sources : IEC 61672-1:2013 Sonomètres ; ISO 226 Courbes isosoniques normales ; D. A. Bies & C. H. Hansen, Engineering Noise Control ; J.-C. Pascal, Vibrations et Acoustique, ENSIM — Le Mans Université.